En Arabie saoudite, l’enfer des domestiques

Dans une vidéo devenue virale, une domestique bangladaise lançait en 2019 un appel désespéré depuis l'Arabie saoudite. Dans le royaume saoudien, l'employée de maison reste à la merci de son patron. Je ne vais peut-être pas vivre plus longtemps. S’il vous plaît, aidez-moi. Ils m’ont enfermée pendant quinze jours dans une pièce sombre et m’ont à peine donné à manger. Ils ont brûlé mes mains avec de l’huile bouillante. Sur les images de la vidéo qu’elle a postée depuis l’Arabie saoudite, en novembre 2019, la Bangladaise Sumi Akter, en larmes, supplie qu’on la sauve de l’enfer qu’elle vit depuis qu’elle a quitté son pays. Au Bangladesh, son appel désespéré entraîne des mouvements de protestation et précipite son rapatriement. L’esclavage moderne de migrantes dans les pays du Golfe n’est ni rare ni nouveau. Selon l’ONG internationale Building Resources Across Communities (Brac), depuis 1991, quelque 13 000 Bangladaises seraient rentrées d’Arabie saoudite après y avoir été victimes de torture physique, d’abus sexuels, et d’irrégularités dans le paiement de leur salaire.

Des élèves toulousains inventent une école plus verte

« Le pain c’est le point noir du self ! Il y a trop de gaspillage », déplore Sandrine Ramade, en montrant sur son téléphone la photo d’une poubelle à moitié remplie de pain et de déchets alimentaires. S’il reste indéniablement des progrès à faire, la cheffe de cuisine se félicite d’une situation en pleine progression : « Il y a 3 ans, nous jetions une tonne de déchets toutes les deux semaines ! Aujourd’hui, nous avons divisé ce chiffre par deux. »

En Calabre, les migrants revitalisent les villages

Depuis le milieu des années 1990, plusieurs maires calabrais ont pris le pari d’accueillir des réfugiés. Un geste solidaire qui a permis de redonner vie à des communes qui se mouraient, abandonnées par leurs habitants partis chercher du travail ailleurs, en Europe ou aux États-Unis. Silhouette frêle mais regard noir profond et déterminé, Doha Alokla, 19 ans, s’exprime dans un italien impeccable. « Je me sens ici comme dans une deuxième famille, un deuxième pays.

D’anciens compagnons brisent le silence sur des violences sexuelles à Emmaüs

Il est le premier à avoir osé parler. Entré comme compagnon au sein de l’antenne Emmaüs de Chatou le 30 avril 2018, Sékou Camara, un couturier malien de 30 ans, a porté plainte, le 27 juillet 2019, pour violences physiques contre Jacquy Conderolle, co-responsable des communautés Emmaüs de Bougival, Chatou et Nanterre depuis 1999. Le 1er novembre 2019, Sékou Camara a complété sa plainte d’une lettre au parquet de Versailles, dans laquelle il dit avoir subi des « attouchements sexuels ».

Carola Rackete l'insoumise

Elle met l'Europe au pied du mur. Entretien exclusif avec la capitaine du Sea-Watch 3 pour La Chronique d'octobre. C’est une leçon d’humanité, mais aussi de droit, qui n’a pas fini de faire des remous, celle donnée par Carola Rackete, la capitaine du Sea-Watch 3 à la communauté internationale. Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 juin 2019, la jeune Allemande forçait l’entrée du port de l’île de Lampedusa (Italie) pour faire accoster son navire. Entretien avec Carola.

Télécoms: nouveau dispositif pour les appels des sourds et malentendants

Les opérateurs français de télécommunications lancent un nouveau service de téléphonie dédié permettant aux sourds et malentendants d'appeler n'importe quel interlocuteur Paris (AFP) - Permettre aux sourds et malentendants d'appeler n'importe quel interlocuteur. Les opérateurs français de télécommunications lancent lundi un nouveau service de téléphonie dédié, en application de la loi sur le numérique adoptée en octobre 2016.

Le grand conglomérat industriel, modèle en bout de course? Pas partout

Paris (AFP) - Le géant allemand de l'acier ThyssenKrupp se scinde, le mastodonte américain General Electric s'enfonce dans la crise, son concurrent Siemens n'en finit pas de se réorganiser... Le modèle du grand conglomérat industriel a-t-il vécu? Pas forcément: ce type d'entreprise diversifiée et employant des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, correspond à "une phase donnée du développement des nations industrialisées", selon Dominique Barjot, professeur en histoire économique à la Sorbonne (Paris).

En Seine-Saint-Denis, une école qui secoue la mode

Des chutes de tissus en pagaille sur les tables, des mannequins, des portants bourrés de vêtements et des vieux casiers de collège tagués aux couleurs de Casa 93. Sur les fenêtres, on lit : «This generation will save the world.» «Qu’avez-vous envie de dire, que représente Nike pour vous ?» interroge Anne Raybaud. Silhouette longiligne, baskets montantes Nike, jean slim et sweat à capuche, l’ancienne rédactrice en chef mode de Grazia, aujourd’hui styliste indépendante - «pour qui me paye», précis

Luxe et développement durable : un retour aux sources ?

Trouvant son origine dans les habitudes des anciennes familles de haut rang, le luxe s’est développé au XVIIIè et surtout au XIXè siècle au travers de « grandes maisons. » Parmi les pionniers, le joaillier Chaumet dès 1780, Hermès en 1837 et le malletier Louis Vuitton, en 1854. Après la Seconde Guerre mondiale, le secteur s’industrialise. Progressivement, les maisons familiales traditionnelles et leurs structures de production artisanale ou semi-artisanale laissent la place aux logiques de concentration des grands groupes multimarques et multiproduits. Depuis les années 1980, ces groupes ont brouillé les lignes en tentant de maintenir une image élitiste, tout en cherchant à vendre au plus grand nombre. Pour mettre en place leur stratégie de massification, ils n’ont pas hésité à avoir recours aux pratiques du mass marketing, à l’accélération des cadences des collections ou à la création de « sous-marques . » A la clé, des bénéfices considérables. Ainsi, en 2016, le marché mondial du luxe pesait 249 milliards d’euros, un chiffre qui a plus que doublé entre 1995 et 2008 et qui pourrait atteindre 285 milliards d’euros à l’horizon 2020 selon Bain.

Élection présidentielle : existe-t-il un "vote chinois" en France ?

Parmi les 500 000 personnes d’origine chinoise qui vivent en France, une majorité réside à Paris ou en région parisienne. Selon le chercheur Baptiste Coulmont, en 2015, sur 1,2 million d’électeurs inscrits sur les listes électorales à Paris, 6 600 étaient originaires de Chine ou du Vietnam. Par ailleurs, 4 800 personnes nées en France portaient un nom parmi les cent noms de famille chinois les plus courants. Si leur vote ne pèsera pas significativement sur l’élection présidentielle, les Français d’origine chinoise se sont davantage fait entendre dans l’espace public ces derniers mois, en particulier sur l’insécurité. En septembre 2016, ils étaient des dizaines de milliers à manifester pour réclamer plus de sécurité après la disparition de Zhang Chaolin, un couturier décédé des suites d’une agression à Aubervilliers. Le 27 mars 2017, la mort d’un père de famille chinois, Liu Shaoyo, tué à son domicile par un policier dans des circonstances controversées, déclenchait une série de rassemblements. Largement sollicitée par les partis politiques, notamment ceux de droite, la communauté asiatique n’a toutefois rien d’homogène.

La communauté chinoise de Paris hausse le ton face à la police

Lire aussi :   Mort de Liu Shaoyao : l’enquête confiée à un juge d’instruction Pour de nombreux protestataires, le décès de Liu Shaoyao a en effet tout de la bavure policière : « Comment penser que la réponse a été proportionnée alors qu’un homme asiatique de 1,60 mètre, 56 ans, faisait face à trois fonctionnaires de la BAC, protégés de gilets pare-balles », s’insurge ainsi Olivier Wang, adjoint au maire du 19e arrondissement et membre de l’Association des jeunes Chinois de France (AJCF).

Accueillir un réfugié chez soi : joie et partages garantis !

Dominée par le mont Bégo, la vallée de la Roya, située dans les Alpes-Maritimes, s’étire gracieusement le long de la frontière italienne. En 2005, Alain, ethnobotaniste, et Camille Créton, géologue et agricultrice, se sont installés dans une ancienne châtaigneraie à 830 mètres d’altitude pour fonder une famille. Un soir de 2015, Camille croise sur la route deux jeunes migrants : « Ils venaient de marcher deux jours en tongs sur les terrains caillouteux de montagne, ils étaient épuisés : je ne pouvais pas les laisser comme ça au bord de la route… Je les ai invités à se reposer quelques jours à la maison. Ils ont pu faire une halte et réfléchir à la suite de leur parcours », raconte-t-elle.
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